Au titre de l’intérêt général attaché aux libertés,
Parce que le pharmacien fait partie intégrante de l'équipe de soins dans l'ensemble des prise de décisions collégiales et pluridisciplainaires, et que sa place doit être garantie dans tous les processus de prise en charge engageant les soins et la prise en charge médicamenteuse du patient, sans exception.
Parce que le pharmacien partage à part égale avec le médecin sa responsabilité civile et pénale en cas d’erreur de prescription, et qu’en cela, il n’est jamais un simple exécutant technique de la prescription,
Parce que la liberté de conscience est inhérente à notre humanité et que son respect sous forme de reconnaissance d’un droit fondamental à objecter est directement hérité de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789,
Parce qu’une remise en question si profonde de l’acte de soin pour lequel les professionnels de santé se sont engagés ne peut pas être considérée comme une simple modification de leurs modalités d’exercice, et qu’elle peut être vécue pour certains professionnels du soin comme un reniement du serment qu’ils ont antérieurement prêté,
Parce qu’une clause de conscience est déjà reconnue aux professionnels de santé dans les domaines qui peuvent induire un conflit d’ordre moral ou éthique, du fait même de leur positionnement obligatoire dans le parcours de soin des patients, et les protège dans leur exercice professionnel, dans le respect de la Loi comme de leurs convictions personnelles,
Parce que le pharmacien et le préparateur en pharmacie sont des professionnels de santé à part entière, en assurant au quotidien l’accueil, l’écoute, l’orientation, les conseils et la délivrance de produits de santé dont ils ont la charge d’assurer la sécurité d’utilisation auprès de tous les patients, et ce faisant concourent, de façon directe, à la prise en charge thérapeutique des patients dans leur parcours de soins, en ville comme à l’hôpital,
Parce qu’enfin la liberté de conscience individuelle ne devant pas être un obstacle à l’accès à la prise en charge des patients prévue par la Loi, en respectant une organisation respectueuse de la conscience de tous, qui existe déjà dans les pays qui nous ont précédé dans l’adoption de ces dispositions, cette revendication ne saurait être un obstacle à la mise en place du dispositif encadré par le projet de loi,
Nous, Docteurs en Pharmacie, Préparateurs en Pharmacie, demandons solennellement et expressément que nous soit garantis la même place et les mêmes droits que tous les professionnels de santé dans le cadre de la proposition de loi sur le “droit à l’aide à mourir”, intégrant le bénéfice d'une clause de conscience, pour participer au processus de décision collégiale, prescription, analyse de l’ordonnance, préparation, mise à disposition, conseil et administration d’une substance à visée létale pour la personne humaine.


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