QUI SOMMES-NOUS ?

 



Pharmaciens en Conscience est une association Loi 1901 indépendante, apolitique et areligieuse, créée le 14 juillet 2025 par un collectif de pharmaciens et de préparateurs en pharmacie, soignants et citoyens ordinaires impliqués dans le soin, notamment dans la prise en charge de la douleur, la fin de vie à domicile, et le développement des missions de pharmacie clinique en officine comme à l'hôpital, et soucieux de faire entendre la voix des professionnels de la pharmacie quant à leur place dans la proposition de loi sur "l’aide à mourir" en cours de discussion au parlement.

 

La proposition de loi a été adoptée le 27 mai dernier en première lecture à l’Assemblée Nationale et sera débattue au Sénat en janvier 2026.

 

Dans cette proposition de loi, les professionnels de la pharmacie ne sont pas reconnus comme des professionnels de santé à part entière. Ils ne sont pas mentionnés dans la procédure collégiale, évoquée à l'article 6, qui implique les médecins et l'ensemble des auxiliaires médicaux et sont les seuls professionnels de santé exclus du champ de la  clause de conscience (article 14) dont pourront bénéficier les autres professionnels de santé. Les professionnels de la pharmacie se retrouvent donc impliqués, d'autorité, dans un dispositif qui prévoit leur participation à un processus visant à mettre fin à la vie d'une personne sans pouvoir exercer leur jugement professionnel ni leur liberté de conscience.

 

C’est en réaction à cette exclusion incompréhensible que s’est constituée notre association. 

 

Parallèlement, nous avons pu prendre la mesure de la méconnaissance du sujet de la part de nos confrères et consœurs, comme de celle de nombreux soignants et citoyens français, tant sur le projet de loi lui-même que sur ses modalités d’application.

 

Depuis 2024, aucune consultation n’a été menée par le Conseil de l’Ordre des Pharmaciens sur ce sujet. Cette absence de représentation de la profession dans un débat qui l'implique directement nous paraît purement inacceptable.

 

Le Syndicat national des pharmaciens des établissements de santé (SynprefH) est le seul syndicat pharmaceutique à avoir pris la mesure de l’importance du sujet ; il est engagé dans ce combat depuis le printemps 2024. Nous l’en remercions et soutenons son action.

 

La clause de conscience n’est pas un privilège : c’est une protection juridique qui préserve la liberté de conscience des soignants (d'autre professions en bénéficient dans d'autres domaines que la santé), face à des décisions médicales qu'ils peuvent estimer contraires à leur éthique. Elle ne doit donc pas être à géométrie variable. Exclure les professionnels de la pharmacie de ce droit, alors qu’ils sont au cœur du dispositif de soins, c'est ne pas reconnaitre leur statut de professionnels de santé.

 

Notre position ne doit pas être assimilée à une position contre le projet de loi lui-même, les sensibilités des pharmaciens sont diverses et nous les respectons toutes. Il ne s’agit pas non plus de chercher à instrumentaliser la clause de conscience comme un moyen de faire obstacle à la mise en œuvre du dispositif. Mais dans ce cadre très précis, l’intervention d’un professionnel de santé ne saurait résulter d’une contrainte ; elle doit reposer sur le consentement de celles et ceux qui interviendront. 

Une loi qui ne respecte pas les convictions profondes de chaque professionnel de santé impliqué dans un tel dispositif aura beaucoup plus de difficulté à se mettre en place. Plus elle respectera l'ensemble des soignants, plus son application sera aisée.

 

Aussi le message que nous souhaitons adresser au législateur est un message de tolérance et de respect : respect de la volonté du patient, respect de la conscience de TOUS les soignants

 

Aucun autre pays ayant dépénalisé l’euthanasie ou le suicide assisté ne contraint qui que ce soit à participer au processus d’aide à mourir contre son gré. Qu'il s'agisse du Canada, de la Belgique, de l'Espagne, du Luxembourg ou des Pays-bas, les pharmaciens sont tous libres d'agir selon leur conscience sans que cela ne fasse obstacle à l'application de la loi. Pour quelle raison, en France, le législateur ne ferait-il pas confiance aux pharmaciens ?

 

Enfin, nous avons pu constater que notre position se heurte à une vision antagoniste portée par divers groupes d’intérêt qui voient dans le pharmacien un simple exécutant qu’il s’agirait de contraindre par des menaces de sanctions. Et pour nous décrédibiliser, il pourrait être tentant de nous diaboliser d’une manière ou d’une autre. 

 

Aussi, nous souhaitons insister sur ce que nous sommes autant que sur ce que nous ne sommes pas.

 

Nous sommes des pharmaciens, des préparateurs en pharmacie ou encore des citoyens ordinaires aussi divers s’agissant de leur sensibilité politique, philosophique ou religieuse que peut l’être la société française dans son ensemble, mais ayant en commun un réel attachement à l’héritage des Lumières, dont la liberté de consience est directement issue.

 

En revanche, nous ne sommes pas :

- un groupe de défense corporatiste ;

- une association religieuse ;

- une émanation masquée d'un parti politique ;

- un groupuscule d’activistes portant une idéologie réactionnaire ;

- un mouvement dirigé contre la loi sur la fin de vie ou contre l'IVG ; 

- ni - est-il nécessaire d’insister ? - un mouvement anti-vax ou complotiste.

 

Enfin - et c’est important - notre association est entièrement constituée de personnes bénévoles et ne bénéficie d’aucun soutien financier d’aucune entité extérieure.

 

 

 

EN SAVOIR PLUS SUR LE PROJET DE LOI

 

 

NOS MISSIONS

L’Association Pharmaciens en Conscience s’est donné pour missions de :

- Informer nos collègues (pharmaciens, préparateurs, et tous les professionnels de santé) sur le projet de loi et ses dispositions, et leur offrir un espace afin qu’ils puissent s’exprimer sur un sujet qui les implique directement, quelle que soit leur opinion sur le projet de loi lui-même.

- Sensibiliser le grand public et nos collègues professionnels de santé sur les missions des professionnels de la pharmacie pour, s’il était besoin, justifier notre position

- Participer au débat public en défendant le droit à l’objection de conscience pour l’ensemble des professionnels de santé 

Une première tribune a collecté, au mois de mai 2025, la signature de plus de 550 pharmaciens, préparateurs et citoyens sympathisants.

L’Association est ouverte :

- à l’ensemble des pharmaciens et des préparateurs en pharmacie qui entendent réclamer, quelle que soit leur position sur le projet de loi lui-même, la justice d’être reconnus comme professionnels de santé à part entière et se voir garantir une place et une clause de conscience dans le projet de loi

- à tous les citoyens qui désirent soutenir notre action comme un exemple de défense de l’objection de conscience en tant que droit individuel, garant des valeurs fondamentales de la République au sein d’une société démocratique et libérale

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